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(Nicolas
Ticot & Yokô Higashi), DOKI-DOKI
L’enjeu de Xlr Project consiste à transgresser
les clichés traditionnels occidentaux de la culture
nippone à travers une iconographie et sa transformation
plastique afin d'emmener le spectateur dans un univers
contemporain abstrait, pictural; lui découvrir
une culture, riche de paradoxes, à travers une
mise en espace du corps par le multimédia.
Le
projet retient une recherche sur la sensibilité
de l’homme -ici, une femme- par la danse, dans
le monde actuel, dans ses traditions, ses codes, ses
bruits et l’urbanisme.Ainsi le spectacle se dessine-t-il
à travers un univers urbain nippon : le coeur
de la ville de Tokyo.que Nicolas Ticot construit selon
des prises de vues et de sons réalisées
dans la ville même.L’art numérique
et la danse butô entrent en interaction grâce
aux dispositifs ergonomiques élaborés
par les programmateurs Max/Msp et Jitter et par les
systèmes interactifs grâce auxquels la
danseuse contrôler et transforme son propre univers
sonore.
Une
telle interaction des deux modes artistiques naît
dès le début du spectacle pour provoquer
l'impression d’immersion dans la culture japonaise.
Surgie
dans les années 50, quand le Japon est encore
anéanti moralement et matériellement par
la guerre, la danse butô - bu :danse et to : fouler
le sol-elle- s'avère une forme chorégraphique
contemporaine, explorant le ralentissement du mouvement
et l’introspection. Elle emprunte aux rituels
shintoïstes, aux religions traditionnelles du Japon
alors de telles pratiques rituelles étaient destinées
à communiquer avec les esprits des défunts.
La
danseuse s’introduit dans l’espace scénique
sous deux projections croisées sur un écran
central. Elle compose un butô qui évolue
et se transforme au plus proche de la réalité
nippone.
Sous
l’emprise de cette danse introspective, elle s’infiltre
dans l’univers urbain produit par la création
audiovisuelle
de Nicolas Ticot, dans une gestuelle tendue, entrecoupée,
saccadée et décalée pour s’immerger
totalement dans ce monde foisonnant. Par les capteurs
dont elle est munie, elle contrôle ses propres
sons et les transforme lorsqu’elle danse.
Par
la transformation, iIs créent un véritable
lien , entre la vidéo et la danse alors que les
ombres de la silhouette de la danseuse créées
par les lumières provoquent plus encore cet effet
de lien et de totale immersion.
Mélangées,
samplées et transformées les vidéos
produisent un « concert » audiovisuel expérimental,
dont les images et sons représentent la population
urbaine mais aussi leur lieu de vie et leurs activités.
Ils argumentent l’univers bruyant et foisonnant
de Tokyo .
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