Marc
Veyrat
factor i+)
nous entraîne dans un monde apparemment sans
lien direct avec le monde
réel, sans histoire... Pourtant certaines images
suggèrent invariablement des
référents. Des signaux malgré
nous surgissent ; évoquent des informations.
Peut-être cet assemblage de facteurs i évoque
le Pop Art ? Ou bien New York
ou encore les attentats du 11 septembre... Mais dans
cet univers extra plat,
l’enchaînement est invariablement interrompu
par le clic & go du spectateur.
Notre mémoire se brouille. Il faut revenir
inéxorablement en arrière pour faire
le tri ; organiser des ®Make à travers
notre propre société du spectacle...
Le parcourt se construit sans début ni fin.
Ce jeu compusilf d’une tentative de
reprise en main est une des caractéristiques
des PiM’s (Personal Investigation
Material). Pensés comme des outils, ils incitent
(excitent ?) le spectateur à
opérer régulièrement un certain
nombre de mesures et de sélections : cet
appareillage “lorsqu’il est activé,
peut aussi capter des interférences, c’est-àdire
toute une série de brouillages et de dysfonctionnements
au sein même
de l’ordre des mesures.”(1). L’ordre
des mesures, c’est-à-dire ici l’ensemble
de
la composition associée à l’espace
de l’écran, res/suscite un visage ; un
toto.
Dans des intervalles de temps disjoints - des séquences
opératoires - son
apparition et sa brusque disparition provoque, engendre
des manques. Ainsi,
avec ce film interactif, ce que nous pourrions appeler
- à travers une somme
de o+ o - des effacements narratifs, introduisent
dans le flot des images en
mouvement des sens de lecture ; un nouvel espace i
matériel, un i-lisible. Et
cette interaction se construit progressivement par
superposition d’écrans
translucides pour filtrer les informations entre/vues.
L’actualité est à portée
de
main ; délivrée à la commande.
Il ne faut donc pas considérer les PiM’s
comme des objets finis mais des aides paradoxales
à la mémoire ; des
moteurs de recherche de sens, des instruments au service
de l’information
par on / off. Ces simulacres qui affirment leur propre
réellité deviennent des
“objets purement mentals, en mouvement, qu’il
faut inventer”(2). Le PiM’s est
toujours un moyen d’affirmer un outil : la machine.
Cet objet enveloppe notre
réel d’un autre réel : celui des
informations - un i-réel - qui reste inaccessible
sans une manipulation des codes régulant la
peau numérique de l’image.
(1) Christophe Kihm, Laurent Grasso, 5, Éditions
Actes Sud / Altadis, Arles, 2006, p.12.
(2) Pierre Coulibeuf, conférence département
Communication & Hypermédia, IMUS, 13 décembre
2006.
la société i matériel - factor
i+) p.1
PiM’s
Et cette manipulation s’effectue curieusement
dans une consommation de
super surface. Immergé dans le PiM’s
factor i+), toto devient le curseur que le
visiteur promène dans différents plans
extra-plats. toto nous regarde et parle :
il fait signe et nous fait signe. Le double jeu -
face à face - avec l’internaute
provoque un effet miroir. En (lui) coupant la parole,
la manipulation crée une
incidence sur la programmation, non pas à l’intérieur
même du code fichier
mais dans la narration que ce code semblait induire
dans un premier temps.
C’est-à-dire que l’organisation
en réseau imaginée à l’aide
du code est désorganisée
momentanément par la manipulation effective
du totoregardeur...
Open the door !
PiM’s factor i+), 2006, http://www.imateriel.info.
la société i matériel - factor
i+) p.2