|
Construit
à partir de photographies, vidéos, sons,
peintures, poèmes, le film d’isabelle Rozenbaum,
élaboré sur trois écrans, s’illumine
dans un cauchemar. Il explore des visions hantant ses
nuits en lien avec son histoire familiale, il lui fallait
aller à la rencontre de la source d’agitation
première dans un monologue intime obsessionnel.
Depuis des années, j’appuie
sur ce satané déclencheur. Chaque jour
mes envies et mes besoins se transforment, mes yeux
se fixent sur des hauteurs toujours différentes.
Et pourtant, pendant une année entière,
j’ai dû expulser une vraie direction jamais
envisagée, jamais voulue ni désirée.
Mettre en forme dans une urgence endiablée
sans recours et sans dérobade, mes insomnies
qui recèlent des trésors de vie dissimulés.
Mettre en lumière des personnages intimes au
devant de la scène, scènes de conscience.
Dessiner en silence des êtres chers, des espaces
de mon existence qui hantent mes nuits, oser leur
donner une réalité. Oser chuchoter des
cauchemars de mort, de visions d’amas d’os,
de trains désertés, de bois ruisselants
de peurs. Oser honorer les disparus de cendres malgré
les sueurs des nuits et les traversées sans
détours. Que ces voix nous sortent de nos retranchements
et nos violences, que ces visions renommées
nous poussent à reconnaître nos voies
de chants de vie que la photographie peut voir avec
grâce.
|
|