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Ophélie touche le fond

Ma vidéo, à la croisée du théâtre et de la psychanalyse, s’inspire d’Hamlet, de Shakespeare. Elle rend visible ce que le dramaturge place en hors scène, dans les coulisses.

Réfléchissant le lieu théâtral, André Green, psychanalyste, adjoint à la bipartition entre la scène et la salle, une deuxième qui la redouble, entre la scène, espace visible et l’espace invisible de ses coulisses. Derrière la scène, un autre espace dérobé aux regards : la scène devient dès lors un espace à transgresser, par son lien invisible avec les coulisses. Cette transgression est appelée par ce qui constitue la deuxième limite, radicalement infranchissable celle-là, qui interdit au regard du spectateur de pénétrer l’au-delà de la scène.

Shakespeare, en vidant la représentation du suicide de Ophélie, élabore une limite. Le suicide, frappé d’interdit, est relégué à l’invisibilité des coulisses.

C’est cette autre scène dite par la psychanalyse qu’explore ma vidéo, ainsi l’espace vidéographique devient-il celui de la transgression.

Je me suis également intéressée à la proximité des fleurs lors de la dernière apparition d’Ophélie. Leur symbolique mortifère. Alors, dans ma création, Ophélie qui vient d’absorber trop de digitaline pour calmer ses palpitations cardiaques, respire un nymphéa pour réduire son désir avant de se rafraîchir les idées dans l’eau d’un bassin poissonneux.

Impatiente Ophélie, ton cœur ne risque-t-il pas de cesser de battre ?


TRAVERSE VIDÉO - Toulouse - Haute-Garonne - Midi-Pyrénées