POSTEDIT
Ma recherche
actuelle, au-delà la question de la forme qui
en soi fait partie intégrante des perspectives
du postulat de départ, est une évidence
dans l’évolution de mon processus de
construction artistique assumé, revendiqué,
extrême: quelle est la "nature", la
"valeur", la/les postures de l'artiste aujourd'hui.
Avant
même de concevoir les moyens mis en œuvre,
qu'en est-il de son « existence », de
son placement d’individu, de citoyen, en terme
d’utilité, de compétence, de maîtrise
d’outils, sur un praticable qu’il annonce
flottant, volontairement.
Que «
porte » l’artiste dans sa dénomination
qu’il a auto-définie (première
étape d’une inscription dans le dispositif
social : s’identifier dans la rencontre amicale,
professionnelle, administrative, avant même
d’être cautionné par l’institution,
faudrait-il le vouloir), à l’intérieur
d’un cadre qu’il circonscrit lui-même.
Inévitablement,
cela induit des interrogations quant à sa crédibilité,
sa valeur (précisément pour lui-même
et aux yeux des autres) et son utilité dans
un système fondé sur un présupposé
économique. Est-il un rouage de la mécanique
en question, ou est-il dans une forme de revendication
de sa non-fonctionnalité et/ou de sa valeur
de fabriquer des modèles, ou de même
qu’un chercheur avec un processus expérimental
empirique ou imaginaire.
Autant
de concepts casse-gueule difficiles à manipuler,
de questions de base mais REELlement actuelles, intenses,
majeures : je me situe sur un point de tension, déjà
visité, à investir, à nourrir,
dévider, dévier, [ré] injecter,
rendre souple, fragile, futile...
Le corps
comme perspective alors même que la question
de sa représentation est certainement l’antithèse
de ce qu’il peut représenter.
En s’incluant
dans le propos : nous portons en nous le non formulable,
les énergies mères, un amour absolu
qui se libère dans des instants de vie. L’artiste,
perçu sous un angle humaniste, dégagé
de son image, trouble d’une manière diffuse
la « normalité », remet en question,
remanie, interroge, provoque..... Et ce faisant, il
invite à regarder sa perception du monde, ses
fantasmes, il rend étrange un moment anodin...
Raccordé inévitablement à sa
proposition, il en devient un élément
indissociable, il est le raccord entre ses objets
et le monde, il est, dans son placement de concevoir
et vivre le monde avec, dans la création, sa
posture est sa valeur. Là est la véritable
création, là est notre rôle, potentiellement,
utopiquement... comique.
BALISES
Mes propositions
se matérialisent sur le principe formel de
la transdisciplinarité. J’opte pour la
collaboration avec cinq artistes, cinq corps, cinq
personnalités, cinq spécialistes, cinq
amis. Ils sont les cinq éléments indissociables
d’un seul et même corps, le fonctionnement
en rhizome des idées, des techniques, sur la
base même de la transdisciplinarité des
propositions.
Le processus
de création n’a donc pas de limite entre
les temps de travail et de recherche et les moments
partagés quotidiens. Il est l’argument
même des créations proposées.
Elaborer méthodologiquement des lignes, tangentes
pour conduire, canaliser la matière qui peut
survenir à tout instant. Le dispositif plastique
est réalisé en parallèle dans
une énergie discursive à la manière
du culbuto.
Organique
Animal
La trace
humaine
Le détournement
d’objets signifiants
Les différents
niveaux de réalités d’une matière
corps (vivant, plastique, vidéo, sonore)
Réseau,
rhizome, relation, re-mise.
CHARLOTTE
CAZAL Direction artistique
Réalisation
plastique, actions & corps
Pratique
: installation, performance, dessin, graphisme, vidéo
Les mains s’avancent et cherchent à trouver
la pensée afin d’installer ensemble l’espace
d’une nouvelle conjonction. » Roberto
Juarroz, quatorzième poésie verticale
Je suis née avec les mains rêches et
malhabiles.
Je suis née avec le pouvoir de tout avaler
dans une contestation incessante naturelle et nécessaire.
Je suis née avec une envie tellement forte
de …,…,……. qu’il m’est
impossible d’en savoir et sa nature et son objet.
Avec ça je fais.
Sans quoi je ne vis.
Les troubles qui agitent nos vies convoquent mon être
entier pour générer du doute, adrénaline
du questionnement, faussaire frivolité et magie
des images insensées qui flashent et éblouissent
en rafales. L’extra-lucidité brûle
nos impuissantes rétines et nous aide à
développer les négatifs dorés
de nos inconscients.
Je fabrique des conjonctures et des connivences improbables
pour dévier nos chemins de leur droiture morbide.
A 12 ans, j’ai su qu’il n’y aurait
rien de cliniquement stable dans mon existence et
que celle-ci serait une plaine de vides et d’encombrants
pour qui voudrait instaurer une auto-perturbation-nécessaire.
Aujourd’hui, mes propositions sont une matérialisation
matricielle de cette conception urluberlusque de la
réalité polymorphe et de ses atouts
sans les connaître.
Je
m’inscris dans un projet, une démarche
artistique visant à proposer des modèles
perceptifs, expérimentaux, critiques pour tenter
de reconstruire une forme de lien, créer de
nouvelles ouvertures vers un monde « point de
rencontre » que l’on pourrait concevoir
d’une manière insolite, ensemble. Je
fais pénétrer des visiteurs dans des
univers que j’ai construits, mon espace intime,
d’individu, d’artiste dans lesquels je
suis actrice, manipulatrice, visible….
Les expériences des individus rencontrés,
dans la contextualisation d’une réalité
transposée, développent une perturbation
nécessaire et in-confortable. Exposés,
donné à tous, vus sous tous les angles
et points de vue, les espaces révèlent
la possibilité d’un partage nécessaire,
d’un fantasme individuel vers un absolu commun.
Ces formes doivent être des espaces de vérité
et d’authenticité où nous sommes
confrontés à un univers intérieur
afin d’envisager une mémoire commune,
qui nous livre des révélations sur notre
histoire ou celle des autres. Une blessure ouverte
à tous, un corps et une âme perçue
depuis le dedans.
A la question de la communication de l’œuvre,
je répond : une esthétique de l’humain,
de la proximité, de la résistance au
formatage social, riche des expériences de
vie.
Tout
ce qui se produit entre chacun de nous, entre nous
et les choses, nos rêves, nos intuitions, nos
souvenirs, nos ressentis sont, à mon sens,
les clefs d’appréhension et peut-être
de compréhension du réel. C’est
pourquoi je convoque le corps, les mots, le son, l’image
pour élaborer un langage de l’énergie
pure qui émane de l’humain, de la nature
; sources d’inspiration pour ordonner le mode
de communication du non formulable.
Repères
: étudie 12 années durant le piano classique,
(diplômes de fin d’étude), licence
d’arts plastiques (UTM et beaux-arts de Barcelone),
créé l’association Virgule et
trois petits points, y conçoit et réalise
des formes expérimentales, collabore avec des
compositeurs et plasticiens (sonores). Sur plusieurs
projets, fait intervenir Laetitia Doat (chercheuse
en danse à l’université de paris
VIII, co-éditrice de la revue Repères).
Obtient une bourse du FSDIE , plus tard lauréate
de Défi jeune pour aider à la production
de ses projets, présente une vidéo aux
palais des beaux-arts lors du vernissage de la revue
« multiprise », expose un travail de commande
( projet [u]) à la galerie Espace Ecureuil
à Toulouse lors de l’exposition collective
« territoires », obtient une résidence
(commanditaire : festival de gindou) à gourdon
(Lot). En novembre 2006, performera aux musée
des abattoirs lors du colloque « la transmission
du sensible », en 2007 résidence à
mais…l’usine (Limoge), résidence
« le tiroir s’ouvre » (Lot), et
projets en cours... A Paris, rencontre Bertrand Saint
et Régis Hébette( stages de recherche
théâtrale), Kitsou Dubois ( stages de
danse contemporaine). Pour le théâtre
L’Echangeur, coordinatrice, réalise des
décors, accessoires et rejoint l’équipe
de programmation en 2005.
LISA GRIMAUD vidéo & corps
Pratique
: vidéo, cinéma expérimental,
photographie, écriture
Explorant
les notions de narration, de mise en scène,
de catharsis, les émotions et les sensations
sont à l'origine de mes productions audiovisuelles.
La violence, le rêve, la solitude et l'intimité
sont au centre de ces réalisations. La corrélation
animal/ humain est une piste qui m'interpelle également,
à l'instar de la recherche de l'enfant sous
la surface. La puissance vertigineuse de la Nature
et de la présence physique des choses et des
êtres sont le véhicule du mouvement vers
l'extérieur qui m'anime. Contemplatrice née,
mon travail photographique trouve son origine dans
un certain état d'éveil, à la
réception magique de la lumière et à
l'écrasante beauté du monde que j'aime
arpenter. Il est plus secret, proche de la démarche
entomologique. Et toujours, les mots qui racontent,
les mots qui aident à appréhender les
gouffres émotifs, sont à mes côtés.
Transformer
la contemplation qui l'anime par l'expression artistique.
Repères
: née en 1982 dans la forêt, marquée
par une enfance passée à voyager, études
d'arts plastiques à l'UTM, achève actuellement
un Master recherche en réalisation à
l’ESAV, réalise plusieurs courts métrages
de fiction, collabore à de nombreux autres,
s'affirme dans une voie plus expérimentale,
( travail d'écriture jusqu'à la production
d'images et au montage), fonde la fête au château
(soirées projection vidéo), vj pour
le groupe micro:méga ( avec Sylvain Chauveau
et Frédéric Luneau) tournée italienne
et quelques concert en France, travaille avec plusieurs
cies comme le Lazzi théâtre, Caftan,
Vincent Guillaume cie planétarium. Participe
au projet [u].
DOMINIQUE REQUILLARD actions & corps
Pratique
: dessin, photographie, vidéo, installation,
performance, écriture
Son
œuvre se veut globale et incessante, chaque nouvelle
image augmentant à chaque fois et de manière
exponentielle le nombre des réseaux de signification,
autonomes, prenant leur place, proliférant,
contaminant l’univers des possibles. Avant tout
enclin à la réflexion et la création
solitaire, la structure du ventre et son organe estival
le tiroir s’ouvre sont avant tout pour moi un
moyen de s’ouvrir et de se confronter aux intervenants
du monde de l’art et au public. L’expérience
et la pérennité du travail de groupe
sont une source dynamique, de motivation, d’incessante
remise en question de sa pratique propre et de son
accessibilité pour les visiteurs/spectateur.
Mon
intention est donc avant tout de mettre en place un
espace de travail en mouvement à la frontière
entre mes besoins, mes envies, et les nécessités
professionnelles.
Repères
: Né en 1978, vit un an aux Etats-Unis, cursus
universitaire en arts plastiques avorté, participe
à des courts-métrages avec Dune Dupuy,
Lisa Grimaud, participe également au projet
[u], réalise des vidéos pour le chorégraphe
Richard Nadal Cie faits et gestes.
ANAÏS AILLET actions & corps
Pratique
: dessin, photographie, écriture, installation,
performance
Attentive
aux circulations, infimes, intérieures, évidentes,
grossières. Attentive au contact, aux limites,
aux échanges, à la mélancolie,
à la joie, à la lumière diffuse
et éblouissante, aux ombres, je cherche à
me retrouver en état d'extrême secousse,
éclaircie d'irréalité, avec dans
un coin de soi-même des morceaux du monde réel.
« Que faire quand l'espace tremble et se désire
/quelque chose est en train de prendre racine/ l'indicible
remue dans l'en-deçà » (Bernard
Noël)
Elle
tente d'entretenir et de déployer une démarche
poétique permanente par une production généreuse
en lien constant avec les signaux internes et externes
de la fragilité, se nourrissant des émotions,
des frêles passages entre les êtres, de
l'insensée richesse et diversité des
langages, de leur complexité.
Dans
sa pratique personnelle quotidienne, sous forme de
journal intime, elle s'attache à aiguiser une
sensibilité dans l'oscillation de ses divers
moyens d'expression, à fertiliser un univers
imaginaire mis à nu, source chaude alimentant
sa réalité..
Repères
: née le 4 novembre 1982, a vécu dans
les bois de sa conception jusqu'à ses 18 ans,
licence d’arts plastiques, expositions personnelles,
collaborations ponctuelles dans des registres variés
: création de spectacles hybrides (danse/théâtre/chant)
avec Charlotte Cazal, interventions dans des réalisations
audiovisuelles avec Dune Dupuy, Lisa Grimaud et Joan
Loizeau. Suit l'enseignement de chant à Music'Halle.
Participation à divers festivals : le Chaînon
manquant, le Furyfest, Des Croches et la Lune, Africajarc...
Elle est à l'origine du projet de résidence
le tiroir s'ouvre, et initiatrice de l'organe sonore
le désarroi de la couronne. Participe au projet
[u].
JEREMIE CHEVET son & corps
Pratique
: musique, son, écriture, photographie
C’est
vers la création d’espaces sonores ponctuels,
l’élaboration de « géographies
» sonores que je tends à déployer
mes créations. Je construis ma musique en gardant
à l’esprit le déploiement architectural
de celle-ci, même quand elle intègre
un dispositif instrumental : l’imagerie sonore
nécessite une profondeur de champ ; pénétrer
un espace sonore pluridimensionnel est une prolongation
onirique de notre expérience acoustique quotidienne.
Introduire dans le discours musical des sons qui à
l’origine ne le sont pas, les saisir, s’emparer
de leurs potentialités pour les utiliser comme
matière et conserver un rapport de causalité
entre le son et son origine. Je cherche toujours un
rapport harmonique entre les choses, capable de présenter
un état de sensibilité. J’entretiens
un rapport singulier avec le texte, la voix parlée
et suis bien plus souvent frappé par sa courbe
que par son contenu. Les intonations, les inflexions
et le rythme sont autant d’éléments
sonores qui portent en eux les germes d’une
musique.
Repères
: né en 1979. étudie d’abord la
trompette, puis la guitare, groupes aux influences
variées, approche la musique classique, musiques
actuelles ou ethniques, diplômes de fin d’études
musicales de solfège et de guitare au CNR de
Toulouse, DEUG de mathématiques à l’UPS,
maîtrise sur les «interactions entre arts
plastiques et musique» à l’UTM.
Collaboration avec des artistes plasticiens : réalise
des installations sonores, compose et mixe en direct
pour des performances chorégraphiques de Laetitia
Doat, collabore à des formes expérimentales
avec Charlotte Cazal, Lisa Grimaud. Pour le théâtre,
compose et conçoit les dispositifs sonores
pour le metteur en scène Vincent Guillaume.
Designer sonore pour l’agence Sixième
Son. Participe au projet [u].