Dans Le Capital, Marx utilise souvent les mots formes, mouvements, mécanisme, divisions, circonstances nouvelles, limites organiques, transformations, révolution. Quand il parle de l’ouvrier, il le décrit comme agent très imparfait dans la production d’un mouvement continu.
Dans Grenze, le capital est représenté par un cube appelé cube-capital en perpétuelle recomposition. Une deuxième figure, la forme-marchandises larvaire, représente les marchandises, tandis que les ouvriers sont représentés par un triangle, la figure-ouvriers, qui se transforme en s’appauvrissant. Le traitement à l’image s’attache à faire évoluer en permanence non seulement la forme mais la matière de ces figures.
Grenze est composé de séquences appelées unités de développement artificielles. (UDA).
Le texte paraît fragmenté, désarticulé. Puis il se confronte à la vie des figures qui sont ses traductions visuelles. Les séquences (animations 3D, 2D) sont projetées et mixées en direct.
A chaque UDA correspond un fragment du texte de Karl Marx. En modifiant son déroulement en mettant en crise sa durée en la faisant se répéter, Grenze se recouvre, s'inverse pour révéler une autre durée s'accomplissant dans une synthèse du temps présent entre passé et futur, toujours instables.
Entre capital d'aujourd'hui et celui d'hier, comment nos vies, nos subjectivités sont captées.