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TRAVERSE VIDEO 2004

Les Marges du Réel


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Laura HENNO
Du lundi 23 février au samedi 27 mars de 14h à 20h
Vernissage le lundi 23 février à 19h

Twilit Tweet

(installation vidéo)

Extrait de la vidéo Twilit, 6'
Extrait de la vidéo Tweet, 12'


Twilit Tweet intègre deux projections vidéo (Twilit, un film 16 mm de 6' transféré en vidéo et Tweet, une vidéo) ainsi qu'une diffusion sonore en quadriphonie, dans un dispositif modulant un espace.
Un personnage féminin surgie de nulle part, pénètre un paysage et le traverse, flottante et impalpable. Hypnotisée par cet espace naturel à peine discernable, la jeune fille se meut lentement, son visage se troublant au fur et à mesure de son avancée. Son désenchantement naissant semble être lié à un paysage évanescent, unique sujet de la deuxième vidéo. Dans cette dernière, un paysage boisé et marécageux émane peu à peu de la pénombre et se métamorphose subrepticement. L'atmosphère, la végétation, la lumière… subissent d'infimes variations sur la durée, apparentant l'image à une sorte de tableau " vivant ". […]
Dans Twilit, la partie tournée à l'origine en 16 mm, une jeune fille uniquement filmée en plan serré, semble avancer dans un paysage à peine dévoilé. Le film, pensé comme un long travelling, révèle peu à peu un personnage en proie à des sentiments complexes. Les plans se focalisent sur la perception de la jeune fille, sans cesse interpellée par le hors champ, accentuant une tension déjà palpable. Sa physionomie et ses expressions se troublent aussi imperceptiblement que les variations de lumière se reflétant sur son visage, passant furtivement d'un état de plénitude, d'observation, à une inquiétude de plus en plus prégnante. Ses traits se durcissent, se figent au fur et à mesure de son avancée, se masculinisent brièvement, comme si ce qui l'entourait la dépossédait insidieusement. Car c'est une étrange relation qui la lie au paysage et qui confère à son errance un caractère irréel. La sensation curieuse d'un décor qui se déplace en même temps que le personnage, d'une avancée qui semble figée, provoquées par différents subterfuges cinématographiques, introduit une singularité dans le rapport à l'espace et pose la question de la présence réelle de ce personnage dans le paysage.