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Archives : 2002 - 2001 - 2000

L'Ostal Occitania                                                                                             

HEBRARD (installation)
Du lundi 17 au vendredi 7 mars de 14h à 19h (sauf samedi et dimanche)

- L'homme précipité

"Précipiter :
1-Faire tomber d'un lieu élevé dans un lieu beaucoup plus bas.
2-Chimie : provoquer la formation dans un liquide d'un corps insoluble qui se dépose au fond du récipient."

Un homme se livre à une bizarre expérience : il se tient sur une estrade dont il s'envole pour aller se coller au " plafond ". Tout ce qu'il fait paraît étrange et perturbant parce qu'il n'évolue pas dans un espace ordinaire. Ainsi, quand il tombe, il le fait en dérogeant au principe de gravité.
Certes il tombe du plafond ou il a décidé de se " coller ", mais il tombe aussi sur le plafond, comme il tombe des murs et sur les murs…
Quand il tombe par terre, en revanche, la loi de la gravité se rappelle cruellement à lui.
A force de tomber, le sens et la symbolique de cette chute finissent par s'inverser pour se transformer en quête de légèreté et en nouvelle possibilité d'envol…


SAPIN / C'est beau...(installation)
A partir du 17 février de 14h à 19h

- C'est Beau, C'est doux, Ça sent bon, C'est sucré...

La projection sur le mur :

C'est Beau, C'est doux, Ça sent bon, C'est sucré... Ces phrases fixes comme sur une affiche publicitaire sont projetées sur un mur et emplissent l'espace de projection. Derrière elles, la dégringolade: entrelacé dans les images de produits colorés manipulés sur un marché, un enfant roule et n'en finit plus de tomber.

Véronique Sapin a retravaillé les images filmées sur un marché jusqu'à ce qu'elles atteignent la valeur de lignes ondoyantes et souples se contorsionnant pour cerner le corps de l'enfant, isolé et individualisé dans leur amas de matière.

Confrontées au déluge de rythmes et de mouvements du corps de l'enfant et des matières colorées qui passent derrière elles, les phrases fixes apparaissent comme autant de certitudes, imperturbables, tentant de dissimuler par l'épaisseur de leurs lettres le torrent des éléments de vie qui s'affrontent.

Ecluses fermées, elles n'en laissent pas moins deviner dans leur dos matière et chair qui se soulèvent en coupes géologiques de couleur mettant à jour l' agencement interne d'un monde complexe, organisé, pourvu de lignes et de rythme dans un mouvement qui se déroule à l’infini.

Les moniteurs sur le sol :

Au sol des moniteurs posés l'écran face au plafond, sont disposés pour former une ligne qui part du mur de projection pour se rendre au mur opposé. La salle est ainsi coupée en deux et le visiteur doit enjamber cette rivière de moniteurs pour se rendre de l'autre côté.

Comme de l'eau qui coulerait, un texte se déroule à travers l'ensemble de moniteurs. Ce texte est composé de centaines de phrases d'enfants recueillies par Véronique Sapin dans des documents d'ONG. Le nom et l'âge des enfants suivent leur témoignage: Il y est question de travail dans les mines de diamant, d'argent..., dans les rizières, dans les chantiers de construction, dans les bananerais, dans l'industrie des tapis, du cuir, de la soie...; mais aussi d'enfants soldats, d'enfants esclaves, d'enfants prostitués, d'enfants des rues frappés et même assassinés...

La disposition des moniteurs sur le sol prolonge en le canalisant le mouvement torrentiel de chute de l'enfant qui se transforme en une rivière de phrases. Cette disposition est aussi pour V. Sapin un clin d'oeil au film de Jean Renoir "Le Fleuve". Ce film est représentatif de la double ambition qui anime les plus grands cinéastes de l'après-guerre: "Aller au plus profond de l'intimité des personnages et les replacer - eux et leur expérience - dans une vision globale et planétaire de la réalité" (Dictionnaire d'Histoire du Cinéma), ce que V. Sapin opère avec cette installation.

La vidéaste ne donne pas une image anecdotique de l'enfance. Loin de toute idée conventionnelle et optimiste, Véronique Sapin replace dans la réalité le schéma auquel s'alimentent les nostalgies des adultes. Dans son installation, l'enfance n'y est pas prétexte à un pittoresque moral ni l'expression d'une singularité esthétique. Elle nous montre l'opposé d'une enfance de niaiserie ou de cabotinage, du charme et de l'innocence.

Tandis que les phrases "C'est Beau, C'est doux, Ça sent bon, C'est sucré..." ne retiennent que l'approche sensuelle de l'enfance qui satisfait les illusions des adultes, leur bonne conscience, c'est la parole des enfants elle-même qui libère l'enfance des poncifs et nous en dévoile une autre réalité.

Comme des lettres d'enfants surnageant dans des bouteilles jetées à la mer, leur nombre est si inhumainement grand qu'elles en recouvrent la totalité de la surface liquide pour ne laisser apparaitre que le flux des mots sur les moniteurs.

V.Sapin continuera au fil des ans à recueillir leur témoignage et à les placer à l'intérieur de son installation, pour que ce genre de rivière d'encre ne s'arrète jamais de couler.

 

Marie Hélène PARANT (installation)
Du lundi 17 au vendredi 7 mars de 14h à 19h (sauf samedi et dimanche)

- L'immortelle

L’installation « l’immortelle » est un requiem vidéo numérique qui s’inscrit comme un rituel du passage et fait intervenir les cycles de la vie et de la mort dans une poésie d’éléments visuels et sonores en constante transformation et mouvement.

« L’immortelle » est un espace de l’interstice, le moment de transition entre des états, mariant dans un environnement le technologique, l’organique et l’historique.