Ouvrir un premier dialogue avec OMBRES BLANCHES ne peut mieux se faire qu’avec la
thématique lancée par cette quatrième édition de TRAVERSE qui veut se confronter à
, étrangeté ou corps/ non-corps d’ange, cet u-topos de l’expérimental qui se joue du
ici, maintenant et mêle les espaces.
En effet, le nom cinéphilique d’Ombres Blanches a retenu parmi les oeuvres patrimoniales celle
dont le titre glisse vers la trace, l’ «incaptable » de l’être qui passe, l’ombre qui atteste que
quelque chose a lieu mais dont on ne perçoit que trace.
Or Traverse Vidéo tient son nom de ce désir non seulement des chemins dits précisément de
traverse, dans le refus du linéaire, de la question /réponse, pour l’oser d’autres périples mais
aussi de ce désir des oeuvres de divers supports pellicule, vidéo, numérique, photographie sans
idée de hiérarchisation mais dans l’idée que le support induit des écritures et grâce à Ombres
blanches de la page et de ses graphèmes.
Ainsi dans cette rencontre avec OMBRES BLANCHES, TRAVERSE poursuit sa pérégrination à
travers ces supports tous susceptibles de sens mais aussi d’émois, de la vidéo, du film et on en
verra on entendra à Ombres parmi les livres.
La programmation se fait dans les points de suspension lancés depuis la cinémathèque le mardi
24, passant par les Abattoirs, se posant aux Arènes, elle revient à certaines oeuvres de ce
parcours de traverse/Traverse.
Ainsi pourquoi se priver du plaisir de voir une autre oeuvre de
Bokanowski puisque TRAVERSE a décidé de sa rétrospective,
pourquoi se refuser une expérimentation Fluxus puisqu’à chaque fois une appréhension d’un concept
se trame ; pourquoi ne pas se plaire à un autre Maya Deren dont trop souvent on connaît le nom
sans avoir eu le choc de l’oeuvre, et comment résister à vous donner le plaisir d’un Bill Viola.
Enfin l’on pourrait diffuser à nouveau cette oeuvre-là que vous auriez découverte durant ces
journées Traverse.
Ainsi il serait dommageable aux termes de nouvelles images pourtant déjà vieilles de décennies,
de négliger le plaisir du texte que l’on lit à soi seul ni celui de la rencontre visuelle et de la vidéo
et de la pellicule.